Posted on 9 janvier 2011 in Internet | 14 comments

Cet article fait suite à Hébergeurs et Noms de domaine: bien choisir et s’en protéger (1)

 

3) LE « TOUT ILLIMITÉ » EN MUTUALISÉ

multipass

L’hébergement illimité est-il un multipass ?Oui pour certaines configurations, tout le contraire pour d’autres cas.

Cette formule n’existe que chez les hébergeurs américains et un hébergeur français (o2switch). Les autres déclinent plus ou moins certaines options en illimité, qui en pratique s’annulent par les restrictions imposées de base. Comment est-elle possible commercialement ? Parce que la majorité des abonnés n’utilisent que peu de ressources, aussi bien en terme d’espace web que de mémoire consommée (les scripts et plugins mis en place) ou de bande passante (la fréquentation de votre blog et le poids de vos pages), laissant ainsi de la place à d’autres plus gourmands. L’un dans l’autre ça marche.

C’est une formule attirante et qui offre de réels services si nous avons besoin, par exemple, d’installer plusieurs petits sites dynamiques (CMS), donc plusieurs bases de données et une dizaine de noms de domaines, voire plus, sous forme de Addons. Dans ce cas ce genre de formule est adaptée. Mais, comme dit plus haut, le terme ‘illimité’ est… limité. Il n’existe aucun hébergeur qui ne limite pas son « illimité ». Pas uniquement pour des raisons commerciales, mais parce que techniquement ce n’est pas possible. Pour que nos sites soient aisément accessibles et tournent bien, un bon hébergeur DOIT limiter les ressources des personnes qui partagent un serveur.

Prenons l’exemple de cet hébergeur français, o2switch, seul à appliquer sur l’hexagone la formule américaine. L’offre marque partout illimité (pour 72 euro/an). La lecture des CGV (oui, disponibles tout en bas de la page, c’est obligatoire d’un point de vue légal) nous renseigne que :

Dans le cadre d’un hébergement web mutualisé, le client s’engage à respecter certaines règles pour le bien de chacun.
Afin d’éviter la saturation des serveurs, vous ne devez pas :
– Faire fonctionner tout processus demandant plus de 42Mb de mémoire vive, plus de 90 secondes consécutives d’utilisation du CPU, ou utilisant plus de 30% de toutes les ressources système, n’importe quand.
Généralement, le client est prévenu de la surconsommation sans que son site ne soit désactivé. Cependant, o2switch se réserve un droit de suspension immédiate et sans préavis si celui-ci met gravement en danger la stabilité des installations.

Nous voilà prévenus. Pas plus de 42MB durant une minute et demie. Est-ce une arnaque ? Non. Ce sont les règles propres au Mutualisé. Un serveur partagé par les clients. La majorité des utilisateurs y trouveront leur compte. Même, o2switch annonce clairement un chiffre, là où d’autres laissent ce chiffre dans le vague, alors qu’il sera certainement identique, voire plus restrictif. Le mutualisé ne pourrait pas tenir la route sans ces restrictions. Ce n’est pas une arnaque, juste une contrainte technique, donc commerciale. Commerciale, puisque chaque hébergeur va tenter de pousser un maximum de clients sur un même serveur. Mais combien ? Aucun ne l’affichera. Et pour cause, puisque tout dépend de la nature des blogs des clients. Et une question de chance aussi.

Somme toute, on peut très bien héberger dix petits sites tranquilles sur un « illimité » ou un pack non « illimité » mais moyen, si ces blogs sont peu visités ou de taille basique (une majorité, en fait, ne dépassent pas 2000 articles et 1000 visiteurs par mois, ce qui est déjà un beau score pour le blogueur lambda). Parfait aussi pour des sites vitrines et un blog courant développé en CMS. Ou 4-5 blogs sous WordPress, ou Joomla bien gérés et correctement dosés. Même beaucoup plus que ça. Encore une fois tout dépend de la gestion. J’entends par bonne gestion, des blogs dont les propriétaires ne pratiquent pas la boulimie aveugle de plugins lourds et qui s’occupent de leurs blogs. Il n’est pas rare d’entendre des SOS pour un seul blog sur l’hébergement, mais qui inclut 30 plugins à forte consommation (la plupart des plugins marrants et gadgets sont gourmands, genre ceux qui permettent de savoir qui est en ligne, les plugins de stats, tous ceux qui font appel à une fonction extérieure). Il faut raison garder. Optimiser son blog, gérer les pertes de sa base de données, lever le pied sur les plugins inutiles ou gadgets, etc. Bref, savoir un peu ce que l’on fait.

Donc voilà, pour certains blogueurs connaisseurs mais raisonnables, la formule en illimité sera pertinente. Mais pour la majorité des particuliers, qui n’ont qu’un seul ou deux petits blogs amenés à grandir en visiteurs et en taille, elle ne sert à rien. Il vaut mieux calculer ses besoins. Par exemple, si vous avez besoin d’installer Buddypress ou un forum, et que vous obtenez le résultat de fréquentation escompté, les ressources du serveur nécessaires pour le faire tourner sont importantes. Une limitation à 42MB comme chez o2switch ou ailleurs sera nettement insuffisante. Mais si au contraire vous avez plein de petits sites de taille modeste à héberger, un tout « illimité » avec ses offres en Addon domaines est idéal car cela vous évitera le complexe multidomaine (chez ovh) et la multiplication de packs.

4 ) FINANCER SON ABONNEMENT PAR LA PUB

Au bénéfice de certains blogueurs, on peut aussi choisir en fonction de la présence d’un système d’affiliation qui génère des sous. Les bannières publicitaires de votre hébergeur permettent, bien souvent, de vous faire gagner le prix de votre pack. C’est mon cas pour ce qui concerne 1and1. Ce n’est pas à négliger, surtout si c’est votre première fois ou que vos poches sont vides.

Il y a la question des promotions et des bonus. Tout est bon pour attirer le client. 1and1 est le plus fort dans ce registre. il offre régulièrement des packs de base gratuits pendant un an. Couplé avec une bannière publicitaire, vous ne payez rien durant… deux ans. Il y a aussi Infomaniak et PhpNux qui offrent régulièrement ou de façon permanente, de reprendre votre hébergement à ses frais. Autrement dit, vous pouvez changer d’hébergeur, vous serez soit remboursé, soit la durée de votre ancien contrat sera reportée sur votre nouvel abonnement.

L’abonnement en Mutualisé convient à l’immense majorité des particuliers et petites entreprises. De par son prix d’abord et parce qu’il ne servira à rien de s’offrir un Cloud ou un VPS pour un ou quelques blogs de taille moyenne. Mais le Mutualisé, ça veut bien dire ressources partagées. Partage donc limites. Et c’est la nature de ces limites qui font les variantes des packs et des hébergeurs. Par exemple s’il vous offre de gagner de l’argent en faisant sa pub, ça à un coût qui est répercuté sur votre hébergement. Un peu comme le marketing d’une grande marque de yaourt. On paie pour la pub de son yaourt, son emballage design, sa renommée, avant même de payer pour l’aliment en tant que tel.

5) SUSPENSION DU SERVICE POUR DÉFAUT DE PAIEMENT

Certaines personnes s’étonnent qu’à la suite d’un défaut ou retard minuscule de paiement, leur site ont été bloqué. Pourtant, les CGV chez tout hébergeur sont très claires :

En cas de défaut de paiement, y compris par annulation ou répudiation de son paiement en ligne, par le Client d’une commande de service, l’hébergeur se réserve le droit de suspendre le service jusqu’au complet paiement du prix dans un délai raisonnable, puis à l’issue dudit délai, de résilier de plein droit le présent Contrat.

Hé! oui. C’est un commerce, pas un service public ou social. Et pourtant ce n’est pas légal. Dixit une clause lue sur un blog d’une avocate spécialisée Internet (j’essaierai de retrouver la source).

(à suivre)